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Mon alimentation

Fotolia_3165527_XS-(1).pngVivre avec une polyarthrite rhumatoïde (PR) ou une Arthrite Juvénile Idiopathique (AJI) implique certaines contraintes et beaucoup se demandent si un régime alimentaire et des produits spécifiques pourraient améliorer leur santé ou l’activité de la maladie, ou, au contraire, l’aggraver. Boire du lait pourrait-il agir sur vos articulations et ingurgiter des agrumes à n’en plus finir pourrait-il diminuer la fatigue ?
 

Me nourrir avec une polyarthrite rhumatoïde

alimentation-ali-bulle-(6).pngIl est normal de vouloir établir un lien entre alimentation et polyarthrite rhumatoïde ou arthrite juvénile car chacun, à son niveau, peut savoir quel aliment lui convient mieux et cela peut inclure les choux de Bruxelles, n’en déplaise aux traumatisés des colonies de vacances ! En revanche, entre se dire qu’un aliment convient mieux qu’un autre et supposer qu’il existe des régimes alimentaires capables de supprimer les symptômes de la polyarthrite, il y a un pas que les experts ne franchissent pas : aucun aliment ne fera disparaître la PR ou l’AJI. Il reste toutefois possible de ne pas se laisser abattre et de profiter de délicieux plats tout en améliorant son métabolisme.
Vous êtes preneur ? 

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1. Ai-je plus de risques cardiovasculaire et d’ostéoporose ?
2. Comment réduire les effets de mon traitement à base de corticoïdes sur mon organisme ?
3. Dois-je compléter mon alimentation en oméga 3 ou oméga 6 ?
4. Etre végétarien est-il incompatible avec ma polyarthrite rhumatoïde ?
5. On parle du régime Seignalet, c’est quoi ?[4]

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Fotolia_27330446_XS-(1).pngA mon fourneau pour une alimentation équilibrée

La clef de votre alimentation réside dans la modération et éviter les prises de poids trop importantes qui risqueraient d’aggraver les lésions des genoux et des hanches.
La faible incidence de la polyarthrite au Japon a incité les chercheurs à étudier cela de plus près et à conclure que manger du poisson deux fois par semaine était excellent pour vous : les oméga 3, que l’on retrouve dans le poisson ou l’huile de noix et de colza, pourraient avoir des effets anti-inflammatoires et pourraient réduire les douleurs matinales [1]. Par ailleurs, les plus anxieux devant leurs rides seront vernis : les antioxydants naturels contenus dans les légumes cuits, les fruits et l’huile d’olive feront merveille sur votre polyarthrite ou arthrite juvénile et votre teint. Enfin, ceux qui gardent un souvenir ému de la cuillère d’huile de foie de morue tendue par leur mère auront droit à leur petite madeleine proustienne : l’huile de poisson est bénéfique pour votre métabolisme et largement suggérée comme complément alimentaire.

Régimes spécifiques, alimentation et polyarthrite rhumatoïde

Fotolia_27633127_XS-(2).pngJetez aux oubliettes les diètes hydriques et autres jeûnes : l’amélioration qu’ils apportent est trop temporaire pour être réellement bénéfique et, il faut bien l’admettre, n’avaler que du liquide pendant une semaine n’a rien de bien agréable !
En revanche, au hit parade des régimes alimentaires recommandés, vous trouverez le célèbre régime crétois, qui a déjà la côte pour garder la santé sans se retrouver devant une assiette morose.
En avant donc pour une analyse détaillée du régime crétois : chaque repas est composé de fruits et légumes à foison (comme des courgettes grillées et autres salades grecques), de noix et d’épices, de céréales, de légumineuses riches en protéine (comme le soja), le tout bien évidemment nappé d’huile d’olive. Viennent ensuite le poisson et les fruits, deux fois par semaine, puis les produits laitiers (car que serait la Grèce sans sa feta ?)… Viande et œufs, quant à eux, ne se dégusteront qu’une fois par semaine. Le régime crétois améliore le métabolisme et réduit l’activité inflammatoire de la polyarthrite rhumatoïde ou de l’arthrite juvénile idiopathique, qui se stabilise avec ce régime alimentaire [1].

Ma polyarthrite et le lait

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Consommer des produits laitiers possède deux avantages indéniables : complétés de vitamine D (présente dans le poisson ou synthétisée par la peau sous l’effet des rayons du soleil), ils pourraient réduire les risques de polyarthrite rhumatoïde [2] ; et surtout ils limitent l’apparition de l’ostéoporose, qui est un facteur aggravant de la PR ou de l’AJI. Si vous étiez déjà prêt à plonger dans votre réfrigérateur pour engouffrer un pack entier de yaourts, lisez bien la suite : bien que le lait ait des effets bénéfiques, il n’agira cependant pas sur vos articulations pour en réduire les douleurs ou les éventuelles déformations. Sans être la fontaine de jouvence, les produits laitiers vous éviteront d’ajouter un facteur aggravant à votre polyarthrite ou arthrite juvénile, et ce n’est déjà pas si mal, n’est-ce pas ? Vous pouvez donc retourner à votre réfrigérateur et savourer votre yaourt !



Alimentation et PR : Trucs et astuces pour manger équilibré

  • Un petit déjeuner de roi tu prendras

Fotolia_13887549_XS-(1).pngVotre grand-mère vous a probablement seriné avec ce dicton, mais malheureusement pour vous, vous ne pourrez pas lui rabattre le clapet car elle a raison : le petit déjeuner est le repas le plus important de la journée. Vous y ferez figurer : une boisson chaude, un jus de fruit pour les vitamines et l’effet antioxydant, des céréales ou des tartines de pain enduites de beurre et de confiture et un produit laitier. Si vous avez du mal à vous extirper de la couette avant midi, préparez-vous un brunch qui combinera les aliments nécessaires à votre réveil et à votre journée. Et c’est terriblement branché !

  • Des fruits et légumes surgelés tu consommeras

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Après tout, pourquoi se crever la paillasse à éplucher vos légumes et fruits quand quelqu’un d’autre l’a fait pour vous ? Surtout quand on sait que les légumes et fruits surgelés ont préservé leurs vitamines et qualités nutritives, puisque congelés le jour même de la cueillette et préservés des néfastes enzymes par la congélation. Or, lorsque vos carottes papotent pendant une semaine avec la bouteille de lait dans votre réfrigérateur, figurez-vous qu’elles en perdent toutes leurs vitamines ou presque (jusqu’à 15 % par jour). Et vous pourrez même pousser la flemmardise gourmande jusqu’à vous prendre des soupes toutes prêtes et des poêlées de légumes qui ne demanderont qu’à venir se pâmer dans votre assiette en fête.

 

  • La cuisine en toute facilité tu pratiqueras

Fotolia_24652539_XS-(2).pngMitonner des bons petits plats, c’est bien gentil, mais quand soulever une casserole relève de l’exploit olympique, cela ne motive que très moyennement pour se transformer en chef étoilé. Au vent cette piètre excuse ! Invitez la modernité dans votre cuisine et profitez des aides en tout genre : ouvre bocal mural ; batterie de cuisine ultra légère ; presse-agrume électrique ou à levier ; ouvre-boîte électrique ou cocotte-minute à ouverture automatique… Les astuces sont nombreuses ! Et si vous n’êtes pas d’humeur à cuisiner mais que vous bavez d’envie en imaginant des plats indiens ou autres pizzas : faites-vous livrer ! Il existe des sites Internet, comme Allo Resto (sur Paris) ou Chrono Resto (certaines villes en France), qui vous fournissent une liste de restaurants effectuant les livraisons à domicile. Ou renseignez-vous auprès de votre restaurant préféré et soudoyez-le pour qu’il vous livre vos petits plats ! En revanche, n’oubliez pas (notamment si vous êtes sous traitement à base de corticoïdes) que les plats cuisinés sont souvent riches en sel : mieux vaut alors spécifier lors de votre commande à emporter que le cuisinier devra éviter tout sel dans vos plats.

  • De la vitamine B9 tu absorberas

La vitamine B9 est utile pour tous, mais essentielle pour ceux qui sont sous certains types de traitements , car ils modifient le métabolisme de l’acide folique (la vitamine B9, donc). Il faudra alors enrichir votre alimentation en B9 que vous trouverez dans les fameux choux de Bruxelles cuits (ô joie !), les épinards, le jus d’orange, la betterave cuite, les noix et noisettes déshydratées, la laitue, les graines de lin et autres légumineuses cuites.

FAQ

Ai-je plus de risques cardiovasculaire et d’ostéoporose ?
Les maladies cardiovasculaires et l’ostéoporose sont favorisées par de nombreux facteurs, dont le tabagisme et le manque d’activité physique… et la polyarthrite rhumatoïde ou l’arthrite juvénile idiopathique. Il est donc important de lutter contre l’apparition de l’ostéoporose ou la progression des risques cardiovasculaires par votre alimentation et une activité physique quotidienne. Au rayon de l’alimentation, vous pourrez agir en préférant les graisses végétales (huile de noix et huile d’olive) et les poissons gras (maquereau, saumon, sardine…) au beurre et à la viande. Les produits laitiers sont une source essentielle de calcium, qui permettra de réduire les risques de fracture et l’apparition de l’ostéoporose. Cependant, s’il est important de consommer des produits laitiers, n’attendez pas d’eux qu’ils fassent disparaître vos douleurs articulaires !

Comment réduire les effets de mon traitement à base de corticoïdes sur mon organisme ?
Les traitements corticoïdes peuvent, à long terme, avoir des effets secondaires peu agréables pour votre organisme, comme la rétention d’eau, l’hypertension ou la prise de poids suite à une augmentation de votre appétit. Mais ne paniquez pas pour autant ! Vous pouvez lutter contre les effets indésirables en ayant une alimentation peu salée, peu sucrée et pauvre en graisses animales (beurre, notamment). Ce n’est cependant pas une raison pour vous enfermer dans un monastère en vous lamentant : sucre et matières grasses sont indispensables pour votre équilibre, donc continuez d’en manger ; évitez simplement les éclairs au chocolat et supplément chantilly pour clore vos repas quotidiens !

Dois-je compléter mon alimentation en oméga 3 ou oméga 6 ?
Les oméga 3 et 6 sont des acides gras excellents pour l’organisme, qui est incapable d’en produire par lui-même, polyarthrite rhumatoïde ou non. En cas de PR ou d’AJI, ils auraient même un effet anti-inflammatoire. Il est donc recommandé d’en consommer et il peut être utile de compléter votre alimentation en oméga 3 et 6 [3]. Vous pouvez, dans un premier temps, enrichir tout simplement votre alimentation en oméga 3 en consommant des poissons gras type saumon, sardine, maquereau, hareng, flétan et en oméga 6 en utilisant des huiles d’olive, de tournesol, de pépin ou de raisin.

Etre végétarien est-il incompatible avec ma polyarthrite rhumatoïde ?
Une alimentation riche en fruits et légumes ne peut pas être néfaste, d’autant qu’il est reconnu pour limiter les risques cardiovasculaires ! En revanche, il vous faudra compenser les bienfaits du poisson par d’autres compléments, comme les graines de lin. De même, les protéines apportées par la viande devront être remplacées par d’autres sources, notamment par les œufs (avec modération), les légumineuses (dont l’incontournable soja présent notamment dans le tofu), et ne pas faire passer à la trappe les produits laitiers bien qu’ils soient d’origine animale. Par ailleurs, si vous n’étiez pas végétarien avant votre PR ou votre AJI, il n’y a aucune raison pour modifier votre régime alimentaire uniquement pour votre maladie : tant que vous mangez équilibré, il n’y pas d’inquiétude à avoir !


On parle du régime Seignalet, c’est quoi ?[4]
Le régime Seignalet, directement adapté de l’alimentation supposée de l’homme préhistorique (rien que cela !) aura fait couler beaucoup d’encre ! Le régime Seignalet part de l’idée que l’homme moderne ne possède finalement que 1.500 enzymes actives dans son corps et que ces enzymes encapsulent notre patrimoine génétique. Comme le prouve notre ancêtre Lucy, ce patrimoine génétique est l’aboutissement d’une longue évolution ; ce qui pousse le Dr. Jean Seignalet à tirer la conclusion suivante : nos enzymes héritées de la préhistoire sont adaptées à une alimentation de la même époque. A partir de  ce constat, le régime Seignalet décrète que les nouveautés introduites dans notre alimentation aux cours des dernières décennies (et plus) pourraient être néfastes à notre organisme. La solution proposée par ce régime ? Eradiquer les nouveautés pour revenir au régime ancestral supposé et donc manger sa viande quasiment crue  (Lucy ne faisait probablement pas mijoter ses plats sur le feu… !). Le régime Seignalet raye ainsi de votre alimentation un certain nombre d’aliments, dont les produits laitiers.

Si le régime Seignalet vous attire, n’oubliez pas cependant qu’il peut engendrer des carences, notamment en vitamines et minéraux. En effet, il peut être dangereux pour la santé et votre polyarthrite rhumatoïde d’exclure intégralement certains aliments : le calcium reste essentiel ! Il n’est donc pas conseillé de suivre le régime Seignalet à la lettre. Si vous souhaitez adopter certains principes comme l’utilisation d’huiles vierges et de produits de l’agriculture biologique, pas de problèmes ! Gardez juste en tête, qu’à ce jour, aucune étude n’existe pour prouver la véracité des promesses du Dr. Seignalet et, surtout, que la non cuisson (ou cuisson à très faible température) de certaines viandes, et notamment le porc, est loin d’être recommandée pour cause de petits parasites qui s’y promènent : n’hésitez donc pas pour toutes ces raisons à en parler avec votre médecin !

En savoir plus

[1] L Sköldstam, L Hagfors, G Johansson. An experimental study of a Mediterranean diet intervention for patients with rheumatoid arthritis. Ann Rheum Dis. 2003;62:208–214
[2] Merlino, L. A. et al. Vitamin D intake is inversely associated with rheumatoid arthritis: Results from the Iowa Women's Health Study. Arthritis & Rheumatism. 2004 ; 50: 72–77
[3] L’Assistance Publique et Hôpitaux de Paris : la PR en 100 questions : Un régime alimentaire peut-il influencer l'activité (douleur, gonflement) de la polyarthrite rhumatoïde ? Disponible à http://www.rhumatismes.net
[4] SCHAEVERBEKE T. Le régime Seignalet : les clés pour répondre à vos patients. Rhumatos, Mai 2009 ; vol.6 ; Numéro 48, les fiches de synthèses.

Contacts utiles

La pyramide alimentaire du Département de l’agriculture américain [en anglais] :
http://www.foodpyramid.com
La pyramide alimentaire du régime crétois :
http://www.amb-grece.fr/grece/pyramide.htm
Renseignements sur la congélation par le Conseil Européen de l’Information Alimentaire (EUFIC). Sécurité alimentaire et qualité des aliments. Manipulation sûre des aliments. La congélation – facteur de qualité et de sécurité des aliments. http://www.eufic.org